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À PROPOS

 
Le village

Le charmant village de Sessenheim (6° Est et 54° Nord), est situé à 33 km de Strasbourg et à 17 km de Haguenau entre la Forêt Sainte de Haguenau et le Rhin. A vol d’oiseau, le Rhin se trouve à 3,2km et la route nationale 468 (Strasbourg - Lauterbourg - Spire) traverse le village au lieu-dit Dengolsheim. Depuis une quinzaine d’années, l’autoroute A 35 (Lauterbourg - Strasbourg) passe à l’ouest du village et permet de rejoindre la métropole de l’Alsace en 30mn. La capitale européenne a d’ailleurs donné le nom du village à une de ses rues (à la Robertsau).

La commune est riveraine de 7 villages et touche les bans de la vieille cité des potiers de Soufflenheim à l’ouest, de Rountzenheim et d’Auenheim au nord, de Stattmatten et de Dahlunden à l’est et au sud - est et celui de Drusenheim au sud. La Moder qui, autrefois, se jetait dans le Rhin à hauteur de Drusenheim traverse le village à l’est pour rejoindre le fleuve au sud de Neuhaeusel.

Visites / Loisirs

A Sessenheim : le mémorial Goethe, la grange du presbytère, le tumulus (Friederikenruhe), l’église protestante, les pierres tombales des parents de Frédérique Brion. Pour les randonneurs : le sentier patrimoine du Club Vosgien Haguenau-Lembach.

Aux alentours : la Moder, les bras morts du Rhin (flore et faune remarquables à Dahlunden et Neuhaeusel), les villages de potiers (Soufflenheim et Betschdorf), la réserve naturelle de Munchhausen, le village fortifié de Fort-Louis édifié par Vauban.

Musées

Musée Goethe de l’auberge " Au Boeuf " de Sessenheim. (tél. 03.88.86.97.14)

Musées à proximité

Musée de la Poterie à Betschdorf (tél. 03.88.54.48.07) Maison rurale de l’Outre-Forêt à Kutzenhausen (tél. 03.88.80.53.00) Musée de l’abri de la ligne Maginot à Hatten (tél. 03.88.94.90).

Loisirs sportifs

Baignade, tennis et pêches dans la zone de loisirs du Staedly à Roeschwoog. Nautiland Haguenau (17 km de Sessenheim). Golf à Soufflenheim (2 km).

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Le blason du village comprend sur fond vert, trois cygnes d’argent , becs et membres de sable. Sessenheim, Stattmatten et Dahlunden ont unis leurs destinées et ont créé une communauté de communes pour mieux préparer l’ avenir.

Le village est connu pour ses belles maisons à colombages et surtout pour l’idylle de Goethe avec Frédérique Brion, la fille du pasteur. 10 000 touristes rendent hommage au poète en visitant chaque année les lieux qui témoignent de son passage.

Sessenheim est une petite commune qui offre différents services : médecin, pharmacie, chirurgien-dentiste, kinésithérapeute, infirmière. Une entreprise de menuiserie industrielle, une entreprise d’étanchéité, et une entreprise de fabrication de jus de fruits contribuent au renom du village. Deux boulangeries, une superette, un hôtel et plusieurs auberges restaurants, une poterie artisanale, des ébénistes, des menuisiers, deux garagistes, des artisans chauffagistes et installateurs sanitaires complètent la liste des services.

 
Histoire

Il est fort probable, même certain, que des tribus avaient choisi de s’établir aux environs de Sessenheim entre l’an 2000 et 900 avant notre ère, car c’est de cette époque que date le tumulus situé à l’Est du village, au lieu dit "Ebersberg" appelé par Goethe "Frederikenruhe". Ce tumulus a été élevé au-dessus de sépultures anciennes. Une cruche à vin en bronze, appelée "Oenochoe" y a été trouvée, ainsi qu’une bague, un bracelet et quelques ossements. Ces objets datent des années 1000 à 400 avant Jésus-Christ.

En 737 le nom du village apparaît pour la première fois dans un document de l’abbaye de Murbach (Haut-Rhin), qui possédait des biens à Sessenheim .

Nous savons qu’en 1341, les seigneurs de Lichtenberg possèdent certains droits à Sessenheim, droits qu’ils tiennent à titre de fief impérial des comtes d’Oetingen, landgraves d’Alsace. Mais le 26 janvier 1359, les comtes d’Oetingen cèdent ce fief impérial avec dix autres villages de l’Uffried aux Fleckenstein.

La guerre des paysans, en 1525, amène des troubles dans l’Uffried et n’épargne pas le village.

Les Fleckenstein, favorables à la Réforme luthérienne, notamment Henri VIII de Fleckenstein introduisent la nouvelle religion dans les trente villages de leur baronnie dont fait partie Sessenheim.

Pendant la guerre de Trente ans (1618-1648), le village est fortement éprouvé. Il est pris et repris par les différentes parties belligérantes. En 1629, des troupes impériales y sont cantonnées. Pendant la grande épidémie de 1633, le pasteur enterre 142 paroissiens. Son presbytère est saccagé et il se voit contraint de se réfugier à Dahlunden où il restera plus de quatre ans. En 1635, des combats ont lieu à Sessenheim et environs. L’année suivante, les habitants quittent de plus en plus leur village pour se réfugier outre-Rhin.
Onze familles seulement restent au village. Celles-ci doivent faire face à l’hiver extrêmement rigoureux de 1636/1637. A la fin des hostilités, Sessenheim est dépeuplé. Ce n’est qu’en 1659 que les premiers colons, des Suisses, s’établissent au village. Quelques années plus tard (1673/1677), le village et la campagne environnante sont à nouveau occupés par les troupes de Turenne qui pillent, incendient et saccagent le pays.

Turenne 1611 - 1675

Une nouvelle fois, les habitants de Sessenheim se réfugient sur les îles du Rhin près de Stattmatten et Dahlunden. Une grande disette affame la population.

 
Premier rattachement à la France de 1648 à 1870

La construction du "Canal Vauban", dont nous apercevons encore quelques vestiges derrière le cimetière, commence en 1685.

Aux environs de l’année 1688, le "Simultaneum" est introduit dans l’église protestante de Sessenheim. Les cultes protestant et catholique seront célébrés dans le même édifice jusqu’en 1911.

La guerre de succession d’Espagne fait rage aux environs de Sessenheim en 1705 et 1706. Quelques années après cette épreuve, en 1712, la peste décime la population.

C’est en 1719 que le célèbre facteur d’orgues, André Silbermann, construit un petit orgue que la paroisse protestante peut acquérir pendant la Révolution. Cet orgue reste en service jusqu’en 1907. Aujourd’hui, il fait partie des réserves des musées de Strasbourg.

En 1721, une cure royale est créée à Sessenheim. En 1744, Sessenheim est victime des troubles et des pillages causés par des hordes indisciplinées, les Pandours, venues de l’est.

Le 29 novembre 1751 est née à Rechtenbach, dans le Palatinat, Marie Salomé Schweppenhaüser. Son père fut pasteur de la paroisse protestante de Sessenheim de 1757 à 1760. Marie salomé est une ascendante du Prince Charles, futur roi d’Angleterre.

Au mois d’avril 1752, naît à Niederroedern, Frédérique Elisabeth Brion. Son père, J. Jacques Brion, vient remplacer à Sessenheim le pasteur H.G. Schweppenhaüser, mort le 16 août 1760.

En 1790, Sessenheim est rattaché au canton de Fort-Louis. Cette même année, les citoyens du village se rassemblent dans l’église pour prêter serment à la Constitution.

Le rattachement de Sessenheim au canton de Fort-Louis ne dure pas, car, déjà en 1802, la commune est définitivement intégrée au canton de Bischwiller. L’ancien presbytère, qui se trouvait déjà dans un état vétuste lors des visites de Goethe, dut enfin céder la place à une nouvelle construction en 1835.

Le village redevient allemand de 1870 à 1918

Pendant cette période, une autre célébrité, Henri Loux, artiste peintre, nait à Auenheim en 1875 et passe sa jeunesse à Sessenheim. Il est le créateur du magnifique décor qui orne le service de table dit "Obernai". Le 25 juillet de cette année, Sessenheim vit un grand événement, avec l’inauguration de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Lauterbourg.

Sapeurs-pompiers en 1899

Une fois les fouilles terminées, la "Friederikenruhe" est inaugurée, le 18 juillet 1880, sur le tumulus à l’Est du village.

La paroisse catholique, dont le nombre de fidèles augmente, se voit dotée d’un presbytère en 1886. Quelques années plus tard, en 1893, la commune fait construire une école catholique à l’emplacement où se trouve actuellement le monument aux morts. Les bureaux de la mairie sont installés dans le même immeuble.

Henri Loux, l’artiste-peintre, meurt le 19 janvier à Strasbourg 1907, 6 ans après son père, le directeur d’école de Sessenheim.

Après un premier projet, datant de 1898, la commune acquiert, en 1903, les bâtiments et le terrain d’une manufacture de cigares désaffectée. Un avant-projet, pour la construction d’une église catholique est élaboré en 1905. Mais ce n’est que le 25 juillet 1911 que les autorités civiles donnent le permis de construire pour deux églises. Une église catholique sera donc construite sur l’ancien emplacement de la manufacture de cigares et inaugurée le 20 octobre1912. L’ancienne église protestante sera agrandie et inaugurée le 25 décembre de la même année.

Le village au XXe siècle

Au début de la dernière guerre mondiale, les habitants du village sont obligés de quitter leur foyer. La commune est évacuée dans la Haute-Vienne, à Bujaleuf. La population y séjourne pendant un an. Après la campagne de France, les derniers évacués regagnent Sessenheim le 10 octobre 1940.Vers la fin des hostilités, la commune est durement éprouvée. Des combats féroces ont lieu dans les rues du village et aux alentours. Beaucoup de maisons sont détruites ou endommagées.

La flèche de l’église catholique est détruite. L’école et les bureaux de la mairie sont la proie des flammes. A la fin de la guerre, la commune pleure 26 jeunes gens tués sur les différents fronts et 11 victimes civiles. Le monuments aux morts, situé au centre de Sessenheim, sur la Place de la Mairie, témoigne de cette dure épreuve traversée par le village.Mais Sessenheim renaît ! Dès 1954, les classe des écoles et la mairie peuvent emménager dans le nouveau groupe scolaire édifié à l’emplacement de l’ancienne école protestante. Les maisons sinistrées sont reconstruites, de nouveaux quartiers apparaissent. Les plaies causées par la guerre se cicatrisent.

En 1960, l’ancien Corps de Garde datant du temps napoléonien est aménagé en "Mémorial Goethe", ceci à l’initiative de la municipalité et des "Amis du Mémorial" sous la conduite du Professeur Albert Fuchs. La chronique de Sessenheim de M. Guggenbühl est publiée en 1961. Elle relate dans le détail l’histoire du village.

Bien des réalisations ont été entreprises depuis : réfection des deux églises et du cimetière, construction d’une station d’épuration, d’un dépôt d’incendie et d’un atelier municipal, d’une salle de motricité et d’une bibliothèque scolaire.
L’aménagement de la maison communale et de la place de la mairie ont largement contribué à la vie et à l’embellissement du village.

Pourquoi appelle-t-on les Sessenheimois(es) "d'RUEWEWÄDDEL" ?

"Autrefois l’on cultivait à Sessenheim une variété de betteraves à longues racines pointues, qui n’avaient pas de grande qualité nutritive, mais qui poussaient bien".

Extrait de : SURNOMS et SOBRIQUETS des villes et villages d’Alsace Traduit et adapté par Gérard Leser, Editions du Rhin Elsässische Ortsneckereien, Studium von Hans Lienhart, Société Alsacienne d’Edition "Alsatia" -1927-

Bref, une sympathique (- ou pas sympa ? -) moquerie de nos voisins ! - Marc, un des Amis du Patrimoine de Sessenheim - Ah oui,…, et notre cher village mitoyen, maintenant annexé, Dengolsheim ? Ce sont des Sieleflecker.

Et nos voisins ? Ce sont des quoi ?

  •  Stattmatten : Griesbäbbseckel - Schirrhoffen : Bechkrueppel (aussi pour Schirrhein)

  •  Dalhunden : Gropfjockel - Soufflenheim : Geisböeck ou Hellegeischter

  •  Drusenheim : Firowelitter - Auenheim : Rhiinpfähl ou Krutstorze

  •  Schirrhein : Kienholzbuewe - Rountzenheim : Pfennifuchser ou Kaerpfestecher ou Kuemmetschisser

 
 
 
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L'Idylle de Sessenheim

Sessenheim doit sa notoriété mondiale et son entrée dans l’histoire de la littérature universelle à l’idylle nouée de 1770 à 1771 entre Johann Wolfgang GOETHE alors étudiant en droit à Strasbourg et une fille du pasteur de Sessenheim, Frédérique Brion. Cette idylle est relatée par le poète dans son oeuvre autobiographique Dichtung und Wahrheit (Poésie et vérité)en particulier dans le chapitre II 9, III 11 et 12, et dans sa correspondance. Son amour pour "la plus charmante étoile de ce ciel campagnard" dont le poète écrira en 1779 qu’il avait été "plus beau que je ne le méritais" se conjugue avec le ravissement que lui procure la nature alsacienne "vêtement vivant de la

Goethe à Sessenheim

divinité" pour contribuer à l’éclosion d’un grand lyrisme qui s’exprima dans les "Sessenheimer Lieder" avec des poèmes comme "Willkommen und Abschied, Maifest, Erwache Friederike, Heidenröslein".

Frédérique Brion

Elle naît en avril 1752 à Niederroedern. Son père, J. Jacques Brion, vient remplacer à Sessenheim le pasteur H.G. Schweppenhaüser, mort le 16 août 1760.

Début octobre 1770, le pasteur Brion reçoit la visite de F.L. Weyland, un ami de la famille ; celui-ci est accompagné d’un jeune étudiant : Johann Wolfgang Goethe. Une idylle naît entre cet étudiant et la fille du pasteur qui a 18 ans.

 

Le pasteur Brion meurt à Sessenheim, le 14 octobre 1787. Il est enterré aux côtés de sa femme, décédée un an plus tôt, au cimetière de Sessenheim qui se trouvait, à cette époque, autour de l’église.


Seule, Frédérique Brion, après un séjour à Rothau, se retire à Meissenheim (Bade), chez sa soeur Salomé ("Olivie" pour Goethe) et son beau-frère, le pasteur Marx. Elle y meurt le 13 avril 1813, est enterrée à côté de l’église. Son épitaphe rappelle qu’un "rayon de soleil du poète lui conféra l’immortalité" .

Vestiges à Sessenheim

A Sessenheim, les pierres tombales des parents Brion, la dalle marquant l’emplacement de leur tombe, un mémorial, la grange restaurée de l’ancien presbytère et divers objets conservés au presbytère protestant et dans la collection de M. Gillig témoignent de cet épisode remarquable.

Le Musée Goethe du Restaurent "Au Boeuf"

Sur l’initiative d’un archéologue et écrivain allemand, le professeur Gustave Adolf Muller, un premier musée "Goethe-Frédérique" ouvre ses portes le 10 août 1895. Il est installé dans une salle de la mairie. M. Muller est aidé et soutenu dans son initiative par M. Guillaume Gillig et l’instituteur M. Loux de Sessenheim. Après certains désaccords entre la commune et les promoteurs du musée, celui-ci est transféré au Restaurant "Au Boeuf" en 1899, dont le propriétaire n’est autre que M. Gillig.Celui-ci meurt à Sessenheim le 23 avril 1933. Sa femme, Mme Pauline Gillig née Sautter, décède le 4 janvier 1955 et laisse le musée à la famille Wolfgang Sautter qui le rénove entièrement. Depuis 1988, c’est leur fille Christiane qui est la fidèle conservatrice du musée et du souvenir Goethe-Frédérique.

La grange

La grange du presbytère dans laquelle, en son temps, Goethe a fait rire les jeunes gens du village à un tel point qu’ils ne pouvaient plus continuer à travailler, avait atteint un état de délabrement tel qu’elle s’écroula le matin du 26 juin 1927. Grâce à de nombreux dons provenant des amis du souvenir Goethe-Frédérique et à une subvention de la commune, la grange fut rapidement reconstruite.

Le Mémorial

Au centre du village, ce petit bâtiment, ancien corps de garde restauré et remanié sur l’initiative du professeur Albert Fuchs, abrite des documents divers concernant la vie de Goethe, ses études à Strasbourg, sa métamorphose spirituelle au contact de Herder, sa rencontre avec le monde intellectuel français et son épanouissement poétique en relation avec l’amour connu à Sessenheim. Une copie du célèbre buste de Goethe sculpté par David d’Angers y est entouré de citations du poète, de Napoléon et de Paul Valéry témoignant du rayonnement universel de l’écrivain.

Les pierres tombales des parents Brion

Elles se trouvent sur le côté Sud, à l’extérieur de l’église protestante, dans une niche. Quant aux tombes, elles sont à l’intérieur de l’église. Leur emplacement est marqué, dans l’allée centrale, par une croix.

Le sentier Goethe du Club Vosgien

Sur les traces des amoureux :

 
Henri Loux

Son nom fut longtemps ignoré mais son oeuvre est connue dans le monde entier à travers le décor de vaisselle, dénommé "Obernai", grâce auquel il a immortalisé nos coutumes, nos traditions, la vie quotidienne de nos campagnes. Maint restaurant ou "Winstub" sert ses clients dans ces assiettes dans le fond desquelles on découvre un village, une maison, une alsacienne en costume traditionnel. Dans les vitrines des magasins à souvenirs, trônent bien en évidence des objets aux décors réalisés par Henri Loux.

Un talent précoce...

Cet éminent artiste, né à Auenheim le 20 février 1873, est le fils de l’instituteur Henri Edouard Loux qui était venu s’installer à Sessenheim en 1875. Rien ne le prédestinait alors à une carrière artistique, car chez les Loux, on était instituteur de père en fils.

En 1884, après avoir bénéficié de l’enseignement de leur père , le jeune Henri et son frère intègrent le Gymnase protestant "Jean Sturm" à Strasbourg. Si l’aîné des frères est un élève appliqué, le cadet, Henri, est plutôt médiocre, sauf dans une matière : le dessin ! Il est imprégné de ce don dès sa prime jeunesse ; il apprécie avant tout de gambader dans les prés et les champs pour admirer les beautés de la nature environnante.

Encouragé par son professeur de dessin, Edouard Weisandt, Henri Loux souhaite se consacrer entièrement à l’art en devenant artiste-peintre. Son père s’y oppose d’abord puis l’autorise à suivre des cours du soir de dessin, et finalement accepte qu’il s’inscrive comme élève à l’Ecole des Métiers d’art (Kunsthandwerkschule) devenue plus tard Ecole des Arts décoratifs (Kunstgewerbeschule) à Strasbourg. Lors de l’inauguration du nouveau bâtiment en 1892, le jeune Loux récolte des éloges quant aux travaux qu’il expose. Il est inscrit dans la classe "Décoration".

Fin octobre 1893, il part pour Munich, à l"Akademie der Bildenden Kunst" où il excelle dans sa formation. Il acquiert un sens très aigu pour la peinture décorative. Deux éminents artistes peintres allemands, Ludwig Richter et Moritz Von Schwind, l’influencent alors. Le premier, ancien pofesseur de dessin à l’école de décoration de la manufacture de porcelaine de Meissen, a illustré des contes et légendes du folklore germanique, le second est le sublime décorateur de la "Wartburg".

En 1897, après ses études, Henri Loux revient en Alsace avec, en poche, le diplôme de "Kunstmaler" (artiste-peintre). L’artiste-peintre en herbe devient un grand voyageur. Il parcourt l’Alsace du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Partout, il retient sur ses feuilles ce qui l’émerveille et l’émeut : les scènes villageoises, les gens et leurs costumes, les maisons à colombage. Il reste surtout attaché aux villages et à l’entourage de son enfance : toute son oeuvre est un hymne au terroir de sa jeunesse.

Une oeuvre importante inspirée par l'Alsace

De plus en plus, il se voit confier divers travaux artistiques : l’illustration dun petit guide humoristique à travers Strasbourg, en 1898, la création d’une affiche pour la présentation d’un vaudeville de Goethe, "Die Fischerin", puis l’illustration de la couverture d’un recueil de poésies "s’Pfiffel vum e Meiselocker". Il crée la page de couverture (utilisée jusqu’en 1918) de l’Almanach Agricole et Viticole et des vignettes qui seront reproduites jusqu’en 1939.

Pendant l’Exposition Universelle de Paris, en 1900, le stand de l’Alsace est une reproduction très fidèle de la maison Kamerzell de Strasbourg. C’est Henri Loux qui se voit chargé par Léon Boll, directeur du journal d’Alsace et de Lorraine, de la création d’une grande affiche pour la promotion de ce stand, ainsi que de l’illustration d’une petite brochure, "Vins et Coteaux d’Alsace", qui est distribuée aux visiteurs. Coauteur de l’oeuvre "Comptes et Récits Nationaux", parue en 1908, M. Boll fait encore appel à Henri Loux pour l’illustration de 4 contes.

En octobre 1903, Loux s’associe à Wilhelm Scheuermann pour éditer les "Neue Elsässer Bilderbogen" (Nouvelles Pages Alsaciennes Illustrées). Sur les traces de Charles Spindler et Joseph Sattler, qui avaient crée de 1876 à 1878 les ’"Elsässer Bilderbogen", la revue devait faire" revivre l’art entre les Vosges et le Rhin".Mais par manque de moyens financiers, elle cesse de paraître en 1904.

Depuis 1896, des artistes alsaciens se réunissaient régulièrement à Schiltigheim, au restaurant "Maison Rouge", ou au "Schloessel" : Gustave Stoskopf, Charles Spindler, Ernest Munsch, Koerttgé, Stahl, Kraft, Braunagel, Hornecher, etc... Ils donnèrent à leur association le nom de "Kunschthafe" ( La Marmite des Arts). Loux devint un des leurs, et en novembre 1900, il réalisa le dessin pour le menu de l’assemblée.

Henri Loux fournit 7 dessins représentant des alsaciennes en costume traditionnel, à la" Chocolaterie Schaal", pour décorer l’emballage de tablettes de chocolat.

Une réputation mondiale : le service de table "Obernai"

L’oeuvre de Henri Loux est surtout connue pour le décor de vaisselle "Obernai". Mais les quelques 56 sujets , reproduits sur les différents objets, fabriqués longtemps par les Faienceries de Sarreguemines et aujourd’hui par les Manufactures de Lunéville- St-Clément, ne sont en fait qu’une petite partie de son oeuvre.

La Faiencerie de Sarreguemines, Utzschneider et Cie, était toujours à la recherche d’artiste pouvant créer de nouveaux décors pour la vaisselle.

En 1902, elle sollocita l’artiste Charles Spindler de Saint Léonard qui, trop occupé, transmit la demande à Gustave Stoskopf, qui lui-même la proposa à Henri Loux. Ses esquisses furent acceptées, et Loux se rendit alors à Sarreguemines, où il séjourna quelques mois. Les premiers objets : des cruches, des assiettes décoratives, des plats apparurent en 1903 sous le nom de "Loux".Lorsqu’un aubergiste d’Obernai souhaita acquérir un service de table complet avec les sujets de Loux, l’artiste fut rappelé à l’usine pour compléter la série du décor qui prit le nom de "Obernai".

Revenu à Strasbourg-Neudorf, Henri Loux s’acharnait à travailler. Mais déjà la mort le guettait : il fut hospitalisé en 1906. Mais il ne cessait d’espérer : il avait encore tellement de projets à réaliser... Hélas ! Au petit matin du 19 janvier 1907, il rendit son dernier soupir.

Un mois après sa mort, ses amis organisèrent à Strasbourg une exposition rétrospective sur son oeuvre, et un peu plus tard, parut la "Loux-Mappe", un ensemble de 30 reproductions d’oeuvres ou créations de l’artiste qui eurent un grand succès.

En 1991, la commune de Auenheim fit ériger devant la maison natale de l’artiste une magnifique stèle. En 1986, fut édité aux" Editions de la Nuée Bleue", un ouvrage consacré à la vie et à l’oeuvre de Henri Loux. Les auteurs sont le Docteur Paul-André Befort et Fernand Gastebois.

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